Deuxième mandat de Macky : Benno déjà à l’épreuve du…tassaro

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Deuxième mandat de Macky : Benno déjà l’épreuve du…tassaro

A peine le deuxième et dernier mandat de Macky Sall acté par sa réélection le 24 février passé, les interrogations et actions quant à l’avenir assaillent ses partisans. Qu’ils soient de son parti, l’Apr, ou de la coalition Benno qui le soutient, les exigences et ambitions se font jour. A terme, la cohésion autour de Macky va en prendre de sérieux coups ou simplement en pâtir. Tout semble indiquer que le Benno (unité) pourrait rapidement virer au tassaro (dislocation).

Le président Macky Sall entame officiellement le 2 avril prochain, avec sa prestation de serment, le deuxième et dernier mandat auquel lui donne droit la Constitution. Pour ses partisans, l’avenir ne constitue pas une interrogation. Il se prépare simplement déjà.

Les nouvelles ambitions du PS

Au Parti socialiste par exemple, par la voix (non officielle mais importante) du maire de Yène Gorgui Ciss, le problème se pose en termes de « récompenses » avec plus de postes ministériels. Histoire de dire que les vrais dividendes du compagnonnage avec Macky, c’est maintenant ou jamais ? Ciss dit dans Le Quotidien, « en 2012, quand nous soutenions le président Macky Sall, c’était sans condition cette fois-ci, je pense qu’il y aura des négociations pour que le Parti socialiste ait plus de ministres. Même s’il est trop tôt de parler de quota de ministres, je pense que le moment est venu de négocier au plus haut niveau avec le président de la République ».

Les socialistes, un des pivots de Benno autour de Macky

Le Ps voudra aussi sortir ragaillardi de l’après Macky, occasion d’une « nouvelle distribution des cartes » comme l’a rappelé le Secrétaire général Ousmane Tanor Dieng, sur Rfi, lors de la campagne électorale. Non sans préciser que les socialistes n’ont pas renoncé à leurs ambitions de conquérir le pouvoir.

Voir cette « ambition » du PS faire échos chez les autres membres de Benno aux côtés de Macky depuis 2012 suffira à mettre en péril la coalition.

Comment « gérer » les alliés, anciens et nouveaux

Entité dans laquelle, la bousculade va aussi faire monstre. Pour cause, l’arrivée de nouveaux alliés à qui il faut donner quelque chose et pour « gérer » leurs partisans.
S’y ajoute le dialogue appelé par le président dans le sillage de sa réélection. Ceux qui accepteront de « venir contribuer à la construction de la Nation » auront statut de « nouveaux alliés » et se verront confier des choses, à retirer ou diminuer, c’est selon, chez les alliés de la première heure. Bonjour les frustrés…

Moussa Sy, le maire des Parcelles, un des nouveaux alliés de Macky

Cissé Lô dit haut ce que beaucoup pense bas

L’autre élément et pas des moindres à gérer par le patron de Benno, c’est son parti l’Alliance pour la République (Apr). Où, il n’y a pas eu besoin de siffler pour donner le coup d’envoi de la guerre de positionnement et/ou de succession. Premier à s’y coller, le tonitruant vice-président de l’Assemblée Nationale Moustapha Cissé Lô. Qui, déclare à qui veut (ou ne veut pas l’entendre) sa candidature pour la mairie de Dakar localité où l’Apr compte comme leaders, sortis renforcés de la présidentielle d’ailleurs, les ministres Amadou Bâ et Abdoulaye Diouf Sarr. Sans les nommer, eux, comme toute autre personne nourrissant la même velléité que lui, Cissé Lô à finir d’en faire des des adversaires potentiels.

Pire, alias « El Pistelero » ne veut pas compter sur Benno, mais annonce sa propre alliance. Ce qui signifie qu’il n’en aura cure des consignes et arrangements, au moment de faire les listes dans l’Apr et/ou la coalition qui l’accompagne au pouvoir.

On peut aimer ou détester Cissé Lô, mais on lui reconnaîtra dans ce cas précis son courage à poser la question de l’avenir de l’Apr et de ses membres, après ce second et dernier mandat de leur leader. L’interrogation et les réflexions sur ce sujet doivent triturer bien des méninges chez les Apéristes. Cissé Lô ne serait ainsi que celui qui a osé, encore, dire tout haut ce que beaucoup pense tout bas. Mais jusqu’à quand ? Mystère et boule de gomme.

Une chose est sûre, une Apr obligée de lâcher le pouvoir exécutif en 2024, des alliés déjà fortement diminués et obligés de penser à leur avenir, si ce n’est leur survie, et des responsables désireux de jouer un rôle de premier plan sur la scène politique nationale, sont trop d’éléments plus en même de conduire à une dislocation (tassaro) qu’à une unité (benno) ou sa consolidation.




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