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SG ONU : la profession de foi de Macky Sall
Macky Sall explique le contexte et les raisons qui sous-tendent sa candidature au poste de SG de l'ONU

Macky Sall explique le contexte et les raisons qui sous-tendent sa candidature au poste de SG de l’ONU, après son dépôt par le président burundais et en exercice de l’Union Africaine.
L’ex-président a partagé une contribution titrée « Ma vision comme candidat au poste de Secrétaire général des Nations Unies, Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur » et repris par de nombreux médias dont Buur News.
Il y soutient notamment que, « Ma vision repose sur cette longue expérience de gestion des affaires publiques, de la base au sommet de l’État, mais également sur une contribution active aux plans sous-régional, régional et global, dans une approche fondée sur l’écoute, le dialogue et le pragmatisme ».
Le texte du Président Macky Sall
Contexte mondial
Le monde traverse aujourd’hui une crise profonde, marquée par la persistance et l’escalade des conflits, l’émergence de nouveaux périls de tous ordres et une conjoncture économique particulièrement difficile, aggravée par le poids de la dette pour de nombreux pays en développement.
L’Organisation des Nations Unies, dont le rôle est de maintenir la paix, la sécurité et de favoriser le développement, se trouve elle-même confrontée à une défiance croissante, à un manque d’efficacité et à un risque d’affaiblissement sans précédent, alors même que son potentiel est immense.
Dans ce contexte de grandes incertitudes, je suis convaincu que l’Organisation mondiale reste le cadre universel indispensable de dialogue et d’action collective pour apporter des solutions concertées à nos défis communs.
Mais pour qu’elle puisse continuer de porter les idéaux à la base de sa création, mieux répondre aux attentes des États membres et faire face aux défis du XXIe siècle, elle doit être réformée, rationalisée et modernisée.
Vision stratégique
À mon sens, la crise actuelle n’est pas conjoncturelle. Elle est systémique et exceptionnelle par son ampleur. Sa prise en charge nécessite un leadership avéré et un programme conséquent, axé sur ce que nous pouvons faire ensemble, comment le faire et par quels moyens.
C’est dans cet esprit que je soumets ma candidature aux États membres, avec humilité et un sens élevé des responsabilités, pleinement conscient des exigences et des qualités que requiert la fonction de Secrétaire général des Nations Unies.
J’y suis encouragé par quatre décennies de gestion des affaires publiques, dont douze années comme Président de la République.
Je suis également conforté par l’expérience de dialogue et de concertation acquise en tant que Président en exercice de l’Union africaine, du NEPAD et dans le cadre de partenariats régionaux et globaux.
Ma vision repose sur cette longue expérience de gestion des affaires publiques, de la base au sommet de l’État, mais également sur une contribution active aux plans sous-régional, régional et global, dans une approche fondée sur l’écoute, le dialogue et le pragmatisme.
Mon objectif stratégique consiste à travailler en étroite collaboration avec les États membres de l’Organisation pour restaurer la confiance dans le multilatéralisme, par la sauvegarde de son unité, de sa capacité d’action, de son autorité morale, de sa crédibilité et de son efficacité.
Je souhaite œuvrer pour faire de l’ONU une plateforme stratégique revitalisée, ancrée dans ses missions originelles, adaptée aux réalités du présent et du futur, capable de reconstruire la confiance entre États membres, de prévenir les crises, de contribuer à résoudre les conflits, de promouvoir le développement et de protéger les populations vulnérables, tout en gardant à l’esprit les Objectifs de développement durable et le cadre stratégique du Pacte pour l’Avenir.
Ma vision repose sur trois piliers fondamentaux :
• Forger une vision intégrée de la paix, de la sécurité, du développement et de la prospérité partagée
• Rénover et revitaliser le multilatéralisme
• Renforcer la gouvernance des Nations Unies
I. Forger une vision intégrée de la paix, de la sécurité, du développement et de la prospérité partagée
La paix, la sécurité et le développement restent intrinsèquement liés et se renforcent mutuellement.
Je crois que le fondement d’une prospérité mondiale repose sur un agenda qui place la paix au premier plan, axé sur la compréhension, la désescalade et un soutien neutre à la collaboration entre tous les États membres.
J’entends promouvoir une approche solidaire, fondée sur la confiance en matière de gestion des crises, associée à des efforts soutenus pour la prévention et le renforcement des initiatives et mécanismes d’alerte précoce.
Ces efforts doivent être complétés par un dialogue permanent et fécond entre le Secrétariat général et le Conseil de sécurité, garant du mécanisme de sécurité collective, une meilleure veille sur le terrain et une coordination renforcée avec les organisations et mécanismes régionaux pour réduire les tensions naissantes.
Il est également important d’assurer une meilleure synergie entre les opérations de paix et les actions des agences de développement et des organismes humanitaires.
Mon objectif est de rationaliser les interventions sur le terrain, d’éviter les doublons et d’accroître l’impact global des actions, en accordant une attention particulière aux pays structurellement fragiles.
De plus, la paix et la sécurité ne peuvent être assurées durablement lorsque les fondements du développement sont minés par la pauvreté, les inégalités, l’exclusion et la vulnérabilité climatique.
La solidarité multilatérale, tout comme l’aide publique au développement, mérite d’être reconnue pour ce qu’elle a permis de réaliser jusqu’ici, même si de nouveaux efforts sont nécessaires pour assurer la soutenabilité de la dette.
Les besoins en financement du développement dépassent largement les capacités de l’aide publique bilatérale et multilatérale. C’est pourquoi je m’engage à promouvoir davantage l’investissement et le commerce afin de favoriser des partenariats porteurs de croissance et de prospérité partagée.
II. Rénover et revitaliser le multilatéralisme
Face aux risques de fragmentation engendrés par la dynamique d’un monde multipolaire, je suis convaincu qu’un multilatéralisme revitalisé reste le meilleur cadre de concertation et d’action face aux défis globaux.
Certains défis — liés notamment à la paix, à la sécurité, au développement et à la migration — sont anciens, mais se présentent aujourd’hui de manière plus complexe et plus prégnante.
D’autres sont relativement nouveaux, comme les menaces sanitaires transfrontalières et le progrès fulgurant des technologies, dont l’intelligence artificielle constitue l’une des manifestations les plus marquantes.
Je suis également convaincu que la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, leur autonomisation et le soutien à la jeunesse doivent rester au cœur de l’agenda international.
Tous ces défis appellent une prise en charge dans un cadre multilatéral réinventé et réadapté. Je m’emploierai à être un Secrétaire général facilitateur et bâtisseur de ponts entre toutes les parties prenantes : États membres, société civile et secteur privé.
La revitalisation du multilatéralisme passera aussi par la réforme du Conseil de sécurité. Je travaillerai à une réforme réaliste et consensuelle, qui renforcera sa représentativité et sa légitimité, tout en préservant sa capacité d’action et son efficacité.
Je m’emploierai également à redynamiser l’Assemblée générale, à rationaliser son agenda et à renforcer le rôle de coordination du Conseil économique et social pour les activités opérationnelles de développement.
Il est enfin nécessaire de soutenir une collaboration plus étroite entre les Nations Unies et les organisations régionales, notamment dans la prévention et le règlement des conflits, dont les coûts exorbitants constituent aujourd’hui une lourde charge pour l’Organisation.
III. Renforcer la gouvernance des Nations Unies
Le renforcement de la gouvernance de l’Organisation est une condition essentielle pour entretenir la confiance entre les États membres et le Secrétariat général.
Sur la base des réformes déjà engagées, trois exigences majeures guideront mon action : rationaliser, simplifier, optimiser.
Je veillerai à promouvoir une gestion transparente, pour un Secrétariat efficace, efficient et responsable, fondé sur la rationalisation des structures et des mandats, la cohérence des actions et une meilleure utilisation des ressources.
Cela suppose également un financement plus prévisible et durable, ainsi qu’une modernisation des méthodes de travail, notamment par le recours accru à l’innovation, aux technologies numériques et à l’évaluation des performances.
Je soutiendrai également les efforts de réforme visant à améliorer l’action des Nations Unies sur le terrain afin d’éviter les duplications, d’assurer une meilleure coordination entre agences, fonds et programmes, et de rendre l’Organisation plus flexible et mieux adaptée aux réalités locales.
Conclusion
Concrètement, je propose un leadership fondé sur :
• L’expérience et le pragmatisme
• Le respect de la souveraineté des États
• Une gestion prévisible, disciplinée et orientée vers les résultats
La confiance se construit par la constance, l’équité et l’efficience.
Je souhaite œuvrer pour une Organisation des Nations Unies qui :
• Assure la paix et la sécurité
• Utilise ses ressources avec sagesse
• Produit des résultats que les gouvernements peuvent défendre devant leurs citoyens
C’est ainsi que l’Organisation restera pertinente. C’est ainsi qu’elle gagnera en confiance.
Et c’est ainsi qu’elle fonctionnera à nouveau à la satisfaction de ses États membres et des peuples de la planète.
Le moment est venu d’agir avec clarté, courage et discipline pour faire mieux avec moins et réaliser le plein potentiel de l’Organisation.



