Guest Edito : Affaire Pape Djibril Guèye : qui a le droit d’incarner le Sénégal ? .Par Basile Niane
Basile Niane se prononce sur l'affaire de l'étudiant exclu du CESTI, pour un commentaire Facebook sur le style d'une nouvelle ministre

Basile Niane se prononce sur l’affaire de l’étudiant exclu du CESTI, pour un commentaire Facebook sur le style d’une nouvelle ministre.
L’édito du journaliste et CEO de Socialnetlink que nous reprenons est titré « Affaire Pape Djibril Guèye : qui a le droit d’incarner le Sénégal ? ».
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La controverse soulevée par les propos de l’étudiant en journalisme Pape Djibril Guèye au sujet de la nomination de la ministre des Sports, Clotilde Coly, ne se limite ni à une publication Facebook, ni à un dossier disciplinaire. Elle pose une question bien plus profonde encore : d’après quels critères jugeons-nous ceux qui nous gouvernent ? L’apparence ? Le parcours ? Les symboles ? Les compétences ? Cette polémique dessine un débat essentiel sur l’identité sénégalaise, la souveraineté et les exigences du vivre-ensemble dans une démocratie moderne.
Durant plusieurs jours, le Sénégal s’est mué en cour de justice. Sur les réseaux sociaux, les avis ont été partagés. Une dérive identitaire a été condamnée par certains. D’autres ont fait valoir la liberté d’expression. Certains ont également salué la décision de sanctionner l’étudiant du CESTI, Pape Djibril Guèye, pour ses propos controversés sur la nomination de la ministre des Sports, Clotilde Coly.
Mais alors que le battage médiatique s’intensifie, il y a un risque qu’une question capitale disparaisse : que révèle en réalité cette affaire de notre société ?
En fait, il ne s’agit pas d’un banal post sur Facebook ni d’un dossier disciplinaire anodin. Cette controverse révèle de nombreux points de tension qui définissent en ce moment le Sénégal : notre rapport à notre identité, notre définition de la souveraineté, notre compréhension de la liberté d’expression et notre rapport au journalisme.
La remarque contestée n’était pas une critique des initiatives prises par le gouvernement, d’une tendance politique, ou d’un bilan de gestion. Il la grondait sur sa mine et ce qu’elle voulait dire. Le rédacteur pensait qu’un ministre sénégalais doit « miroiter » les traits des Sénégalais dont il est le représentant.
Mais, « ressembler à un Sénégalais », c’est quoi ?
La question peut faire sourire. En fait, elle est terrible. Le Sénégal est un pays à la richesse de sa diversité. Il y a une multiplicité de parcours sociaux, d’influences culturelles variées, de voies internationales, de sensibilités religieuses distinctes et de modes de vie souvent très différentes entre eux. Réduire la représentation nationale à des critères physiques, vestimentaires ou esthétiques, c’est enfermer l’identité sénégalaise dans une lecture restreinte qui ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui du pays. L’histoire nous montre que les discriminations commencent souvent par de simples critères d’apparence, qui peu à peu, peuvent mener à des exclusions d’ordre social ou politique.





