Dette cachée : le Président Mbagnick Diop lève les équivoques
Mbagnick Diop a accordé une interview au journal L'Observateur ce vendredi

Mbagnick Diop, président du Mouvement Des Entreprises du Sénégal (MDES) a été invité à se prononcer sur différentes questions de la situation économique nationale.
Sur la question de la « dette cachée », le Président Diop lève les équivoques, en livrant d’intéressantes parties d’histoire dans L’Observateur repris par Rewmi.com.
« Aucun rapport officiel ne mentionne de « dette cachée » ou de détournement au Sénégal. L’audit de la Cour des comptes relève uniquement des dettes contractées hors circuit budgétaire, des retards de consolidation et des besoins d’harmonisation comptable. L’hypothèse d’une dissimulation volontaire est d’ailleurs contredite par la continuité de l’État : l’actuel ministre des Finances dirigeait la programmation budgétaire sous l’ancien régime, tandis que le Premier ministre supervisait le système à la BCEAO. Qualifier cette dette de «cachée» reviendrait à engager directement leur responsabilité institutionnelle et technique », explique le président du MDES
Et de poursuivre : « Les passifs contingents du Sénégal étaient parfaitement connus et documentés. Dès 2018, l’Évaluation de la transparence budgétaire du FMI préconisait leur intégration aux rapports officiels, une urgence également rappelée par le rapport PEFA en 2020. Loin d’être une anomalie, ces engagements ont directement financé les infrastructures nationales et soutenu des entreprises publiques vitales et stratégiques comme la SENELEC ou PETROSEN. L’explosion de la dette publique à près de 128% du PIB ne traduit donc aucunement une dissimulation d’informations (misstatement), mais découle uniquement d’un retard de consolidation comptable (misreporting) ».
Mbagnick Diop : « le cas du Sénégal n’a rien d’exceptionnel »

« D’ailleurs, la recherche académique moderne recommande de mesurer la soutenabilité de la dette non plus sur le seul ratio Dette/PIB, mais sur la Valeur Nette du Secteur public. Cette approche valide l’endettement dès lors qu’il valorise l’actif national et stimule la productivité globale. Les passifs conditionnels et les arriérés de paiement constituent une réalité comptable universelle pour tous les Etats. Le cas du Sénégal n’a donc rien d’exceptionnel ni d’inédit. Pour redresser les comptes, l’État privilégie l’assainissement budgetaire et le levier fiscal », conclut le patron de patrons sénégalais.




