Dip Doundou Guiss : « J’ai toujours voulu faire des projets qui vieillissent bien, pas des coups… »
Dip Doundou Guiss, un des leaders actuels du hip hop sénégalais, accordent une interview au journal L'Observateur ce samedi
Dip Doundou Guiss passe en revue quelques séquences fortes de sa carrière, avec en tête le double disque d’or qui le consacre cette semaine. Le sacre porte sur ses oeuvres « LNN » (Loo Neme Ñakk) et « LFLF » (Lepp Fii Lañu Fekk).
Commentant cette dernière actualité, l’enfant de Grand Yoff confie justement : « Nous avions constitué les dossiers avec beaucoup de sérieux, en nous appuyant sur les chiffres réels des plateformes, et nous les avions déposés des juillet 2026. Nous savions que le travail avait été fait et nous avions bon espoir, mais recevoir la confirmation reste un moment particulier. Quand une telle reconnaissance arrive, l’émotion dépasse les chiffres et les statistiques. Le garçon de Grand Yoff a d’abord rendu grâce à Dieu. Ensuite, j’ai pensé à toutes les personnes qui ont contribué à faire exister ces deux albums, les beatmakers, les ingénieurs du son, les réalisateurs, mon staff, mes amis, mon distributeur, les promoteurs, les artistes avec lesquels j’ai collaboré, mais aussi et surtout mon public. Je pense à tous ceux qui m’accompagnent depuis les premières heures, à la Moree Gang, à la Fayçal Gang dynastie et à cette grande famille qui s’est constituée autour de ma musique. C’est pour cela que je dis souvent qu’un disque d’or, on ne le porte jamais seul« .

A travers ces distinctions, Dip dit attester une conviction de toujours. L’artiste déclare : « je ne voulais pas simplement sortir des morceaux qui font du bruit pendant quelques jours, avant de disparaître dans le flot des nouveautés. J’ai toujours voulu faire des projets qui vieillissent bien, pas des coups, construire des projets qui traversent le temps, qui contínuent de parler aux gens et dans lesquels ils puissent toujours se retrouver, même plusieurs années après. « LNN » a déjà quelques années derrière lui et continue pourtant de tourner. « LFLF», paru en 2023, suit la même trajectoire. C’est une grande satisfaction de voir que les auditeurs reviennent vers ces albums, qu’ils les redécouvrent et qu’ils continuent de les faire vivre ».
« Lorsqu’un projet est sincère, qu’il raconte quelque chose de la vie et qu’il trouve un écho chez les gens, il peut durer. C’est la plus belle des réponses à ceux qui jugent la musique à l’aune de la semaine de sortie », conclut l’auteur de Dungeen daj.
Dip Doundou Guiss dans « LNN »




